TERRE NATALE

Je suis né un beau soir dans l’océan Indien
Où l’air est si doux caressant les embruns
C’est un point sur le monde Posé sur l’océan
Où mes parents latinos m’ont appelé Mattéo
Et le père de ma mère a un nom arménien
Ma grand-mère est kabyle et mon père italien

Mais
Ma terre natale ma terre d’asile
C’est toi mon île

Mon père, ce globe-trotter a parcouru la terre
Pour trouver des trésors cachés au fond des mers
De Paris à Rio de l’Asie à l’Afrique
Son chemin l’a conduit jusqu’à moi Mattéo
Dans mes yeux couleurs vagues bercé par des mamas
Je respire les délices de ce pays tropique

Mais
Ma terre natale ma terre d’asile
C’est toi mon île

Et dans mes cheveux si blonds sur ma peau claire et blanche
Des mains noires me caressent étonné, je souris
Aujourd’hui dans la ville pleine de bruits et d’ odeurs
Dans leurs regards rieurs je retrouve le bonheur
Dans les bras de ma mère blotti dans son odeur
Les yeux fermés, je vois s’envoler les oiseaux

Mais
Ma terre natale ma terre d’asile
C’est toi mon île


Paroles : Mireille Rivat
Musique : Mireille Rivat / Coleen Chandeler
Arrangement : Jean Cohen-Solal

SOULIMAN

Souliman, sa vie à ta lumière
Souliman, fragment de poussière
Ton corps amour volcan
Volage, beau cerf-volant
Sublimé à décoller ta vie
Sublimé à décrocher la nuit
Ton enfant, ton amour, ton bonheur
Tout donner jusqu’à perdre son cœur
Souliman

Souliman, amour profond profond
Souliman, au ventre de la mère
Bercé par ta lumière
Tendresse, amour passion
Décollé de tout amour terrestre
Délivré, s’envoler dans un rêve
Torturé, comme une mère l’enfant
S’étonner d’un regard vert brûlant
Souliman

Souliman, rêve éveillé souvent
Souliman, son amour obsédant
Amours des mille nuits
Des femmes dans ta vie
Qui te donnent leur chaleur, leur douceur
Obsession et tu hurles son nom
Souliman, mon amour, mon bonheur
Souliman

Souliman, un resto d’esperanza
Souliman, la primaverra avanza
A me amor te digo Todo me corazón
Souliman, creatura del mar
Souliman, un hombra de la tierra
Carinosamento algo enamorado
Alrededor de tu cuerpo hermoso
Souliman


Paroles : Mireille Rivat
Musique : Mireille Rivat / Joy Kane
Arrangement : Jean Cohen-Solal

NUIT D'EXIL

Il a travaillé tout le jour et le soir il n’a pas trouvé sa femme
Il n’a pas vu ses enfants, ses genoux sont inutiles
Le soir ses mains vides
Le soir son cœur plus lourd que la fatigue
Le soir

Il a travaillé toute une année et demain il n’y aura
Il n’y aura pas de famille et sans sa famille, pas de joie
Sans joie, pas de fête

Ses genoux plient ses mains sont à l’appui du cœur

Il a travaillé pour les fondations, pour les murs, pour le toit
Pour le toit des autres
Et sa journée terminée, il s’en va vers le baraquement
Il s’en va
Il s’en va vers une autre journée, il s’en va vers une autre année
Sa vie
Sa vie n’est ni devant, ni derrière, sa vie est un baraquement
Sa vie

Sa vie une attente qui se meule aux journées
Une absence qui se vautre en larmes
La nuit pendant que le gel cimente la lucarne
Pendant que le sel assombrit les yeux
Pendant que la vie est un poing qu’il faut mordre au sang pour ne pas crier

Brûlante est la nuit d’exil pour ceux dont les oreilles entendent
Un enfant nu vomir sa faim
Une mère griffer son corsage
Une mère mordre sa lèvre au sang
Pour ne pas crier
Pour ne pas réveiller l’enfant qui ne bouge plus


Paroles : Danièle Vénard
Musique : Rolland Jacob
Arrangement : Man Praxel

SEUL

Seul, tout seul
Ton cri déchire la nuit
Tu marches dans les rues
Déambulant ta vie dans les rues de Paris
Tu te sens mal aimé
Désir de réfugier ta peur du lendemain

Seul, tout seul
Il n’y a pas d’issue
A tout ce mal de vivre
Qui gicle sur les murs encrassés de la ville
Tu voudrais bien pleurer,
Tes larmes ne coulent plus et tout ce temps perdu

Seul, tout seul
Ta mémoire s’est rouillée
Tous ces moments d’espoir
Dans les rues, dans les bars,
Mais dis moi où vas-tu
Dans un éclat de rire
Tu te mets à danser sur le trottoir mouillé

Seul


Paroles et Musique : Mireille Rivat
Arrangement : Man Praxel

LAISSEZ S’ENVOLER LES PETITS PAPIERS

Des villes s’éloignent au quai des brumes
Des vies se croisent le vent les plumes
Volent sur les frontières ô ma terre d’asile
Tu protèges mon exil

Les néons gueulent au coin des nuits
Des cris résonnent ton corps frémit
Dans les klaxons tu cours, tu t’agites
Contrôle d’identité

Laissez s’envoler les petits papiers

La pluie miroir sur les trottoirs
Lueurs gyrophares les sirènes cafardes
Sur les boulevards pleurent sur leurs impers
Les fleurs de réverbères

Un fragile instant un corps t’enlace
Ton cœur s’affole l’amour te frôle
Un désir t’embrasse une nuit agitée
Contrôle d’identité

Laissez s’envoler les petits papiers


Paroles : Mireille Rivat
Musique : Christian Lété
Arrangement : Christian Lété

PABLO

L’enfant effarouché photos entrechoquées
Dans un journal froissé pluie de chagrin sur la terre
Sur Paris tombe l’hiver au milieu des faits divers
Ce regard qui m’appelle

Comment t’appelles-tu Pablo ou bien Jaime
Ton pays le soleil ta misère d’arc-en-ciel

Noyé dans la cohue tu traînes dans les rues
Comme un malentendu tu balades tes dix ans
Avec un regard si grand brillant de toutes les colères
Cachées dans toutes les douleurs

Tes rêves sont si lourds dans des sommeils trop courts
Dans des silences trop sourds et toutes ces vies blotties
Démunies et sans abri dans le creux de cette nuit
Dans un pli de l’univers

Paroles : Mireille Rivat
Musique : Rouslan Tzaranou
Arrangement : Jean Cohen-Solal

AL ODIO LE DEJARE

Al odio le dejare à la haine je laisserai
Mis herraduras de caballo mes fers à cheval,
Mi camiseta de navio, ma chemisette de navire,
Mis zapatos de caminante, mes chaussures de marcheur
Mi corazón de carpintero, mon cœur de menuisier,
Todo lo que supe hacer tout ce que j’ai su faire
Y lo que me ayudo a sufrir et ce qui m’a aidé à souffrir,
Lo que tuve de duro y puro, ce que j’eus de dur et de pur,
De indisoluble y emigrante, d’indissoluble et d’émigrant,
Para que se aprendra en el mundo pour qu’on apprenne dans le monde
Que los que tienen bosque y agua que ceux qui ont bois et eau
Pueden cortar y navigar, peuvent couper et naviguer,
Pueden ir y pueden volver peuvent aller et revenir,
Pueden padecer y amar, peuvent aimer et souffrir,
Pueden terner y trabajar, peuvent craindre et travailler
Pueden ser y pueden seguir, peuvent être et suivre
Pueden florecer y morir, peuvent fleurir et mourir
Pueden ser sencillos y oscuros, peuvent être simples et obscurs,
Pueden no tener orejas, peuvent ne pas avoir d’oreilles,
Pueden aguantar la desdicha, peuvent endurer le malheur,
Pueden esperar una flor, peuvent attendre une fleur,
En fin, podemos existir finalement, nous pouvons vivre
Aunque no acepten nuestras vidas bien qu’un certain nombre de fils de pute
Unos cuantos hijos de puta. n’acceptent pas nos vies


Paroles : Pablo Neruda
Musique : Hélène Martin

IL ETAIT UNE FOIS

Il était une fois, il y a très longtemps
Une femme très jeune et très belle
Arrive, un beau jour sur son cheval blanc,
Un beau prince amoureux qui l’emporte

Il l’emmena chevauchant très très loin
A travers les forêts et les plaines
Et voilà qu’un château apparaît au matin
Il était tout en fer, elle trembla

Il l’entraîna dans une aile secrète
Il lui dit si tu veux être à moi pour la vie
Il te faudra toujours mériter mon amour
Et, dès aujourd’hui, faire tout ce que je te dis

J’ai pour toi deux montagnes de riz et de blé
Qu’il faudra égrener au fil des années
Tu pourras nourrir pendant plus de cent ans.
Tes enfants et les enfants de tes enfants

Dans l’aile d’à côté, une montagne de laine
Comme la chevelure pâle et enneigée
D’une aïeule épuisée par une vie de peine
Elle perdit tout espoir en regardant la laine

Alors apparût la dernière montagne
Faite de larmes et de sang mêlés
Qu’elle devait enfiler comme les perles d’un collier
Pleine de terreur, elle se mit à crier

Elle se retourna, la porte était fermée
Son bien-aimé l’avait emprisonnée
Dans son cœur révolté un ouragan furieux
A soufflé et les murs sont tombés

Quand le roi revînt dans la nuit glacée
Elle avait disparu, elle s’était envolée
Il frissonna en regardant le ciel
Des milliers de sorcières volaient dans la voûte étoilée


Paroles : Mireille Rivat / Colette Schoubert
Musique traditionnelle
Arrangement : Daniel Beaussier

BERCEUSE MALGACHE

Dors mon enfant, le vent s’apaise
Dors mon enfant, l’oiseau des rêves
Creuse son aile pour ton sommeil

Dans la savane, le baobab
A caressé la nuit, chassé les esprits

Petit, tout petit
Dors, mon tout petit

Et l’éléphant s’est couché sur le flanc
Et l’enfant lion s’étire en bâillant

Dors mon enfant, dors mon bébé

Un champ de blé va se lever
Une promesse à récolter

Dans la savane, le baobab
A caressé la nuit, chassé les esprits

Petit, tout petit
Dors, mon tout petit

Dors mon enfant, le vent s’apaise
Dors mon enfant, l’oiseau des rêves
Creuse son aile pour ton sommeil.


Paroles : Mireille Rivat / Colette Schoubert
Musique : Bien Aimée Andriamanga Randrianarisoa

BALLADE ESPAGNOLE

Un enfant soleil a bondi midi sonne dans la belle Teruel
De la fontaine de Tolède le passé a jailli en mille gouttes de pluie
Dans la vallée déraisonnent les cloches de Segovia
Dans les mille et tourments des gravures de Goya
Sous le regard des infantes accrochées aux murs blancs
Tous les taureaux s’impatientent aux belles sévillanes
A l’ombre de ta sierra se blottit contre toi une tendre gitane
Et son beau regard troublant te frôle dans ton sommeil
Te murmure ô mon Espagne

Au cœur de Barcelone, des murmures résonnent tout au fond des cathédrales
Le long des quais brûlants, se traînent des goélands revenant de Grenade
O hombre Cervantes, donde esta Don Quijote
Donde esta la nina a las cinco de la tarde
Se llama Dulcinée una puta de madre
Amor desmesurado, que pasa Don Quijote
A l’ombre de la nuit, un pianiste andalou joue une sérénade
Au rythme du flamenco, les étoiles se regardent et dansent la sardane

Me gusta el cielo, el pueblo, te quiero Que guapo
Hombre nuevo d’Espana, del mundo, de la tierra

Le soleil est noir, un orage éclate sur les toits de Guernica
Les chevaux sont cabrés, Picasso a crié et sa toile s’en souviendra
Sur les écumes divaguent tous les conquistadors
Dérivant en caravelles et voguant sans remords
Ils ont emporté les pierres et semé la terreur
Ils ont tué les prières, les femmes noires sont en pleurs
Dans le vent de la sierra s’envole un chant joyeux Carmen et Don José
L’amour a tapé du pied et la terre a tremblé tous les amants vont s’aimer


Paroles : Mireille Rivat
Musique : Jean Cohen-Solal
Arrangement : Jean Cohen-Solal

LES COULEURS DU TEMPS

La mer est en bleu entre deux rochers bruns
Je l’aurais aimée en orange
Ou même en arc-en-ciel comme les embruns
Etranges

Je voudrais changer les couleurs du temps
Changer les couleurs du monde
Le soleil levant La rose des vents
Le sens où tournera ma ronde
Et l’eau d’une larme et tout l’océan
Qui gronde

J’ai brossé les rues et les bancs
Paré les villes de rubans
Peint la Tour Eiffel rose chair
Marié le métro à la mer

Le ciel est de fer entre deux cheminées
Je l’aurais aimé violine
Ou même arc-en-ciel comme les fumées
De Chine

Je suis de toutes les couleurs
Et surtout de celles qui pleurent
La couleur que je porte c’est
Surtout celle qu’on veut effacer

Et tes cheveux noirs étouffés par la nuit
Je les voudrais multicolores
Comme un arc-en-ciel qui enflamme la pluie
D’aurore

Je voudrais changer les couleurs du temps
Changer les couleurs du monde
Les mots que j’entends
Seront éclatants
Et nous danserons une ronde
Une ronde brune rouge et safran
Et blonde


Paroles et musique : Guy Béart
Arrangement : Alexandre Léautaud

IMPROVISATION SUR VELVERDE

Temps décalé L’espoir d’un été
Image arrêtée La mémoire flashe
Qui se souvient Des vieux miroirs
Des parfums frileux des regards fantômes

Amour fragile en exil
Comme une lumière qui scintille
Nos yeux se touchent et le temps se suspend
Je rêve d’un grand voyage au-dessus de ton nuage
Sur une étoile qui brille au fond du temps
Et je balade mon cœur aux quatre coins des heures
Décrocher mes étoiles dans mes escales

Tournez, tournez le temps

Temps dépassé un vieux train rouillé
Une mer qui s’étire des bateaux s’éloignent
Regards égarés un ciel étoilé
Photos gondolées des oiseaux blessés

Amour fragile en exil
Comme une lumière qui scintille
Nos yeux se touchent et le temps se suspend
Je rêve d’un grand voyage au-dessus de ton nuage
Sur une étoile qui brille au fond du temps
Et je balade mon cœur aux quatre coins des heures
Décrocher mes étoiles dans mes escales

Paroles : Mireille Rivat
Musique : Marc Perrone

Mireille Rivat (voix) Man Praxel (voix) Jean Cohen-Solal (flûtes) Christian Lété (percussions) Alexandre Léautaud (accordéon) Jean-Louis Matinier (accordéon) Jacky Tricouare (guitare) Marc Perrone (accordéon diatonique) Daniel Beaussier (cuivres, guitares) Julien Agazar (clavier) Nicole Dambreville (chœur sur Terre Natale) Rémi Charmasson (invité, guitare)


Direction artistique : Mireille Rivat


Enregistré et mixé au studio Blues Café
Ingénieur du son : Robert Suhas sauf Souliman et Ballade Espagnole : Michel Lorentz
Production : Blues Café – Mireille Rivat
Photo : Pierre Terrasson – Pochette : Emmanuel Sarzi

Contact : 06.12.94.54.18 / 01.48.33.80.34




C’est officiel :
Le monde compte de plus en plus d’étrangers.

Claude QUEMY